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cristo raúl de yave y sionLA RÉVOLUTION INTELLECTUELLE DE L’ÉTOILE DU MATIN |
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L'HISTOIRE DIVINE DE JÉSUS-CHRIST
LIVRE
PREMIER
LA VIE ET LES TEMPS DU SEIGNEUR YAHVÉ DIEU
« Je
suis le Commencement et la Fin »
CHAPITRE
I
HISTOIRE
DE LA NON-CRÉATION. L'ENFANCE DE DIEU
I
L’Éternité, l’Infini
et Dieu sont nés ensemble. Il n’y a pas eu d’« avant » ni d’« après ». Pas plus que les trois membres de
la Trilogie incréée ne sont nés au sens où les êtres humains entendent le
fait de naître.
L’Infini a-t-il un père ?
Quelle mère donnerons-nous à l’Éternité ? Quelle date de naissance inscrirons-nous dans le
livre de famille de Dieu ? Quel âge attribuerons-nous à un Être qui ne fait qu’un
avec l’Espace, le Temps et la Matière ? Comment parlerons-nous de l’âge de l’
univers sans le rapporter à un fragment de la ligne d’existence de Dieu dans
l’Infini et l’Éternité ? Et quelle sera la hauteur de la montagne d’événements créée
par un Être qui vit depuis l’éternité ?
Un cosmos non créé par
nature, indestructible par essence, intelligent par vocation, aventurier
né, amoureux irrémédiable de la Vie et de ses mondes, dont la vie est une aventure
perpétuelle à travers les mers inconnues des galaxies. Avec quels mots pourrions-nous
dessiner sur la toile de notre entendement l’image de cet Être divin en
navigation constante à travers l’océan des galaxies ?
Quelles frontières donnerons-nous
à son univers ? Quelles propriétés à son espace-temps ? Combien de pages
faudra-t-il pour raconter ses aventures ?
Le voilà qui s’en va. Les étoiles s’écartent
à sa voix, les constellations le saluent en le voyant passer. Le lion
de Mercure court à travers la plaine, entre des champs de planètes de toutes les couleurs
atypiques, singulières, élancées, subtiles ; son Grand Esprit le rattrape et lui crie :
« Envole-toi, créature, suis-moi jusqu’aux confins de l’univers ». Une galaxie telle un
lac de lumière caramélisée, avec l’aube de Jupiter en son cœur, renferme dans ses
eaux des dauphins équipés de lunettes infrarouges, bondissant de système sidéral en système
sidéral ; soudain, ils aperçoivent le Grand Esprit, Lui, Dieu, s’approcher en courant aux côtés du
lion de Mercure, et ils se lancent à sa poursuite à travers les espaces où réside l’
Orto.
Avec quels yeux Dieu verra-t-il
les couleurs d’un champ d’énergie dont les bras englobent dix mille
constellations ? Avec quelle chevelure flottant au vent des galaxies ressentira-t-Il
la brise qui parcourt les espaces infinis ? Avec quelles mains et quels pieds son
Grand Esprit escalade-t-il les sommets lumineux des univers invisibles, parallèles,
perdus, couchant, fugitifs ? Comment Dieu sera-t-il affecté par le temps qu’il faut
pour atteindre la plaine de l’autre côté des amas stellaires les plus lointains ? Dans
quelles directions stellaires son cœur répandra-t-il ses joies lorsqu’il se trouvera
de l’autre côté des rives d’une ceinture de galaxies ? Comment son
cœur réagit-il en sentant naître la vie dans les profondeurs de la mer des
constellations submergées ?
La perle de la vie dans son
huître sidérale. Un monde, un autre monde, une nouvelle civilisation avec ses
singularités typiques, avec ses particularités propres, un nouveau défi lancé par la
boue primordiale au feu créateur et destructeur de toutes choses. Lui, Dieu,
avance à travers les vagues des mers cosmiques à la découverte de nouveaux mondes ; d’amas
stellaire en amas stellaire, il porte la joie de l’aventurier éternel vers des rivages
inconnus. Il déploie les ailes de son Grand Esprit et s’élance à une vitesse infinie
à travers les plaines cosmiques ; il ressent l’élan du vent qui parcourt les
espaces subtils et tantôt il joue avec la lumière, comme si elle était son cavalier et lui son destrier
étincelant, tantôt il la transforme en un rayon qu’il recueille dans son carquois d’où les
flèches lumineuses jaillissent vers le ciel neigeux, s’enfoncent au cœur
d’une étoile nova et la transforment en supernova. Il a l’Éternité devant
lui ; autour de lui s’étend l’Infini. Tel était Son monde, Son
univers, Son paradis originel. Il n’avait pas de commencement, il n’aurait pas de fin. Où que
Son Esprit se tourne, les étoiles et ses mers lumineuses étendaient leurs
rivages.
Combien de systèmes
stellaires peut-on parcourir en une éternité ? Combien de pages compterons-nous
dans le livre de Sa vie ? Combien de branches compterons-nous sur l’arbre de Son expérience ?
Combien de mondes, combien de races, combien de civilisations Dieu a-t-Il connus avant de bouleverser
la structure de Son monde et de transformer la réalité cosmique en Sa propre Création
? Quel est le volume de Sa mémoire ? Combien de souvenirs Son esprit a-t-Il stockés
avant de provoquer, dans cet univers incréé qui était le Sien, la transformation finale dont
nous sommes le fruit ?
II
En effet, la Non-Création
fut l’Enfance de Dieu. Tout ce que Lui, Dieu, connaissait et avait été, avait
toujours été là. Les formes changeaient, mais Dieu, Lui, ne se souvenait pas qu’il
y eût eu autre chose auparavant. Et Il ne s’en souvenait pas parce qu’il n’y en avait pas eu. Autrement dit,
avant la Création, il y eut la Non-Création, mais avant la Non-Création, il n’y eut
rien d’autre. L’Infini, l’Éternité, Dieu, étaient les éléments de la Trilogie
cosmique. Tout passait, tout coulait, la vie et la mort des mondes, la
naissance, la disparition et la renaissance des galaxies. Il en avait toujours été
ainsi : les formes disparaissaient, mais l’essence demeurait. La Mort réduisait en
poussière tout ce qui vivait, mais de la poussière cosmique, le phénix
de la vie renaissait toujours. Les feuilles tombaient des branches de l’Arbre
de la vie lorsque soufflait le vent de la Mort ; celles-ci restaient nues, fragiles
dans leur nudité, mais finalement, le feu de la vie renaissait dans la sève des
univers et se parait à nouveau de fruits plus beaux, plus splendides et
plus généreux. Mon Dieu, comme Il aimait Son monde ! L’Infini et l’Éternité L’avaient
envoûté par leur Sagesse. Ils étaient pour Lui un père et une mère ; et Il était pour eux la
raison pour laquelle tout restait en mouvement constant.
Comment entrer alors, par
où entrer pour passer et contempler la mémoire de Celui qui était la raison, la
cause, le sens de l’existence de toutes choses ? Et si nous devions
comparer chaque univers à la cellule d’un arbre, comment calculer sur le papier le
nombre de l’Arbre de Vie ? Ou comment deviner les noms sous lesquels était
connu Celui qui demeurait pour toujours alors que toutes choses passaient ? Et
comment ressentir l’expérience divine de Celui qui se promenait d’univers en
univers, apportant avec lui la joie de l’existence à tous les mondes là
où il allait ?
Où aller, où
ne pas aller ? Quelle question ! Là où souffle le vent, là où la lumière de
l’aube d’un nouvel univers annonce sa naissance, vers les confins de
l’autre côté de l’Orto, là où l’aventure rôde, là où l’on n’est jamais allé auparavant.
Car le plus beau reste toujours à venir, car le plus beau est toujours
ce que l’on n’a pas encore vu, en avant, que les soleils fassent la fête et dansent la
danse des abeilles magiques ! Dieu vole sur les ailes de l’aigle des
étoiles, il s’approche à cheval sur le cheval des univers lointains, au
trot il s’approche, il descend sur les rives du fleuve de la Vie, il abreuve son
cheval, il regarde l’horizon et sourit car au-dessus des hauts sommets des amas
lointains, il a découvert l’éclat d’une étoile de neige. Rien ne L’arrête.
Son pouls ne perd jamais le contrôle. Il ne connaît pas la peur. Il ne connaît rien d’autre que la
joie de l’aventure. Il ne sait pas ce qu’est l’envie, ni le mal. Il n’a jamais pris part à
aucune guerre. Il n’avait pas besoin de connaître la vérité, car il ne connaissait pas le
mensonge.
La vérité, c’était Lui, Dieu ; la
vérité, c’était l’Infini, la vérité, c’était l’Éternité. La vérité, c’étaient les couleurs
de l’arc-en-ciel brillant sous un soleil d’été fougueux. La vérité, c’était un champ
en fleurs au printemps. La vérité, c’était un monde naissant sous un soleil de diamants
taillés, trois lunes en orbite autour de la planète mère, un essaim de vaisseaux
partant en balade dans la galaxie d’origine, puis le silence des âmes qui
retournent à la boue primordiale de la Vie. Comment ne pas s’émerveiller, comment ne pas rire,
comment passer son chemin et refuser l’invitation de la Vie à participer à son
aventure ! Celui qui était incréé devenait un personnage, se laissait inscrire dans le
registre de l’histoire rêvée et là, il se laissait émerveiller par le génie
créateur de la Sagesse.
C'est ainsi qu'Il a passé son enfance.
Telle fut l'enfance de Dieu.
III
Mais un jour, un désir s’éveilla en
Lui, Dieu. Ce jour-là, Dieu eut un désir. Et ce désir portait en son
cœur l’empreinte entière du cœur dans la poitrine duquel Il était né.
Voyons voir : la Sagesse était
sa sœur ; c’est pour Lui qu’Elle mettait toutes choses en mouvement, c’est pour Lui qu’Elle transformait l’énergie
en matière et la lançait dans l’espace, illuminant les lointains de ces
feux d’artifice à l’origine de nouveaux univers ; puis Elle semait la graine
de la vie dans les nouveaux champs stellaires et les univers se remplissaient de
créatures. À la fin des temps, la Vie cédait la place aux vagues de la
Mort. Et toutes les créatures disparaissaient de l’univers comme des châteaux de sable sur une
plage que la marée efface. Oui ! Toutes, sans exception, disparaissaient entre les doigts
du temps comme de l’eau, comme la poussière du désert. Tel était le destin de toutes les
créatures pendant la Non-Création. Il en avait toujours été ainsi. La Vie et la Mort
faisaient partie du système cosmologique non créé. Ce n’était que par Dieu et pour Dieu que la
boue cosmique prenait forme ; la Sagesse insufflait le souffle de vie dans la
boue des mondes, qui se transformait alors en êtres animés. Mais seulement pour un temps.
Le moment venu, la Vie cédait la place à la Mort et ses vagues asséchaient cette
argile primordiale dont toutes les créatures avaient été façonnées. La poussière retournait
à la poussière. Les cendres aux cendres. Lui seul, Dieu, était indestructible. Alors
Lui, Dieu, se dit :
« Ne serait-il pas merveilleux que
toutes les créatures de Son univers naissent pour jouir de l’Immortalité ? Ne
serait-il pas formidable que, de retour de Ses voyages à travers ces mers lointaines et
inconnues, le cœur chargé d’aventures fabuleuses, Il retrouve, comme
celui qui rentre chez lui, Ses chers amis ?
Oui, l’immortalité pour
toutes les créatures de l’Univers ! Tel était Son rêve. Tel était Son désir. Un désir
magnifique.
Et Il le nourrissait avec tant d’
intensité que, les yeux ouverts, Dieu voyait déjà Son univers transformé en
un paradis habité par d’innombrables mondes. Des peuples de galaxies et de planètes
lointaines partageant, à la table de cette Civilisation des civilisations, un
même pain, les réalisations et les progrès de leurs sociétés d’origine. Un univers
plein de vie et de couleurs. Tels des essaims d’oisillons parcourant les forêts à
ciel ouvert, telles des foules de créatures chevauchant les plaines. Et Lui,
courant, volant avec eux, leur ouvrant des horizons, leur traçant de nouvelles routes
à travers les étoiles. Dans le rêve que Lui inspirait Son désir, Dieu Se voyait déjà
plonger dans les profondeurs de l’océan cosmique à la recherche de nouvelles
perles. Et la Sagesse, Sa sœur, Sa compagne d’aventures, Lui laissant des indices
parmi les étoiles, L’émerveillant par une nouvelle victoire sur la capacité
divine à être surpris. Elle ferait de Son rêve une réalité. La fille de l’Infini
et de l’Éternité revêtirait d’immortalité tous les êtres vivants.
Tel fut le désir qui
grandit dans le cœur de Dieu. La question est : ce rêve pourrait-il se réaliser ?
Eh bien, quant à Lui, Il
n’avait aucun doute à ce sujet. Sa foi en la puissance de la Sagesse créatrice
pour relever le défi qu’Il Lui lançait, la création de la vie immortelle, Sa
foi ne connaissait pas le doute. Quoi qu’il en soit, la question se posait, et ses implications
n’en étaient pas moins vastes et profondes, car quelles conséquences une telle transformation d’état provoquerait-elle dans le Système
cosmique incréé une telle transformation d’état ? Naturellement, Dieu était
au-delà des implications et de leurs conséquences. Sa foi en la Sagesse
créatrice était si aveugle qu’à aucun moment il ne lui vint à l’esprit de douter de sa puissance
pour réaliser cette transformation d’état. Il se mit au travail. Or,
par où commencer pour concrétiser son rêve ? Par l’immortalité de l’
espèce comme première étape vers l’immortalité de l’individu, par exemple ?
Mais bien sûr que oui. Parfait !
IV
Ce que Dieu a vécu dès lors,
ce qu’Il a accompli depuis ce jour-là, pouvons-nous l’imaginer,
le comprendre, le recréer ? Un Être extraordinaire s’élève parmi les étoiles ; Son
projet est d’unir tous les mondes qui apparaissent et disparaissent dans l’espace et
le temps et de créer une Civilisation des civilisations qui surmontera tous les
problèmes que le défi de l’Immortalité leur suggérait. Réunissant tous les
mondes en un Tout universel, cette civilisation des civilisations s’ouvrirait au
cosmos des galaxies qui s’étendent jusqu’à l’infini. Dieu serait à la
tête de cet empire cosmique. Il guiderait les premiers mondes à la rencontre des
derniers, les unirait tous, leur apprendrait à être libres, à profiter des
merveilles de l’univers. Et il y en aurait toujours davantage. L’expérience que Dieu avait tirée de
sa rencontre avec des mondes de toutes sortes, Il la mit au service de Son rêve. Et,
épris de Son rêve, l’Immortalité pour toutes les créatures, Il se mit à l’
œuvre. Il ouvrit des voies entre les étoiles et des portes entre les constellations, découvrit
de nouveaux mondes et étendit Son Sceptre sur leurs civilisations, Il donna aux
royaumes qui se formaient peu à peu des Chartes fondamentales. Il a orienté leurs évolutions
technologiques vers la rencontre dans la troisième phase, a intégré tous les royaumes
ainsi formés dans un Empire et a uni la Couronne à Sa Personne. Il s’est lui-même
intégré dans ce Monde des mondes en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs,
dont la Parole offrait à tous les peuples la garantie de leur croissance et d’une coexistence
pacifique et libre. Sa Parole était le Verbe, et le Verbe était Dieu.
V
Et il en fut ainsi. Avec le temps,
cet Empire universel s’est développé et a étendu ses frontières jusqu’aux étoiles les plus
éloignées des cieux non créés.
Comment peindre sur la toile
de notre imagination les propriétés et la nature de cette civilisation
des civilisations qui a répandu sa gloire à travers la mer des étoiles ? Quelle
bibliothèque sur les origines et l’histoire de l’Empire dans lequel Dieu avait
transformé la Non-Création s’est-elle constituée au fil du temps ? À partir de combien d’
histoires particulières sa Histoire universelle s’est-elle composée ? Quel fut le nombre
des sciences que les sages de cet Empire maîtrisèrent, consignèrent,
cultivèrent ?
La Sagesse, invisible et
belle, aimante et joyeuse, depuis son trône lumineux et transparent, étendait sur toutes ses
créatures sa protection et son intelligence, et en toutes choses, son âme
merveilleuse se manifestait, animant tout dans un seul but : révéler
à Dieu les lois qui régissent l’Univers. Cet univers, le Sien, s’est rempli de mondes
joyeux et aventureux, n’ayant qu’une seule préoccupation dans la vie : profiter du
temps d’existence qui avait été accordé à chaque individu. Car, bien que
la vie fût belle, magnifique, impressionnante, et que l’envie de vivre ne
s’épuise jamais, le fait est que le temps était limité et le passage des
créatures sur terre, éphémère. Comme les nuages de printemps qui, au-dessus de sa tombe
de mai, pleurent leurs derniers jours devant le berceau de l’été, comme le cours de la rivière
qui traverse la terre d’est en ouest mais se rapproche de l’océan à la soif insatiable,
telle était la vie de tous les êtres de cet Empire que Dieu avait élevé
de ses mains et qu’Il aimait tant. La douleur de la dernière étreinte, la perte de l’ami
qui disparut pendant que tu étais en voyage, la larme que tu n’as pas recueillie de ce
rossignol qui mourut avec le regret de ne pas avoir rendu son dernier souffle dans tes bras, ô
Seigneur, le murmure tendre d’un prince que tu as aimé comme un
frère et qui s’est évanoui dans les brumes de son innocence, t’offrant baisers,
bénédictions et amour pour les jours que tu lui as donnés, pour lui avoir donné l’occasion
de te connaître, pour avoir fait de sa vie une histoire digne d’être vécue
même si le souffle était soumis à la loi du silence définitif. Ah, le
craquement de la rose quand ses pétales meurent entre les doigts de la tempête. L’
annonce de la fin du bonheur parfait, écrite dans le sang sur un avenir sans
défense contre la flèche qui, sans faillir, vise sa poitrine. Elle blesse son essence, déchire
sa pensée, la lance atteint même son cœur.
VI
Un jour, la Mort s’est réveillée
de sa léthargie et a revendiqué pour elle-même la couronne et le sceptre. Je veux dire, si on te dit que
Celui dont on dit qu’il est Dieu ne peut pas réaliser Son désir, alors que
réponds-tu ?
Si tu es sage ou
si tu aspires simplement à la sagesse, tu te répondras que ce désir divin,
l’immortalité pour toutes les créatures, impliquait une révolution
structurelle dont les conséquences auraient dû atteindre Dieu lui-même. Si tu fais partie de
ceux qui optent toujours pour la facilité et que tu choisis la position des
ignorants, tu te répondras que cet Être ne peut être le vrai Dieu, car pour
un vrai Dieu, rien n’est impossible.
Eh bien, c’est ce qui s’est passé. Avec le
temps, Dieu a dépassé la première phase de Son Désir et a transformé Son univers en un
Empire de Mondes dont les origines remontaient aux étoiles les plus diverses des
systèmes solaires les plus lointains. Il avançait vers la dernière phase de Son projet — l’Immortalité
pour l’Individu — lorsque le Doute s’est manifesté. Je veux dire par là que les Mondes avaient
atteint l’Immortalité et comptaient leurs années par des millions qui ne s’épuisent
jamais, mais l’individu restait mortel. Et c’est là que le
problème est né. Tant que l’individu naissait pour mourir, et que l’Immortalité n’entrait pas
dans la structure formelle de sa logique, la vie ne subissait pas la Mort. Mais lorsque
l’individu a pris conscience de l’existence de la possibilité de l’immortalité et a découvert
que l’origine de cette possibilité résidait dans le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs
de cet Empire des étoiles, Lui, Dieu, l’idée de vivre éternellement et
de devoir inévitablement mourir a provoqué, dans la structure mentale d’une partie
des vivants, un choc violent.
« Car si Il est le Vrai Dieu,
et qu’on ne peut rien refuser à un Vrai Dieu puisque pour Lui tout
est possible, comment se fait-il que, alors que nous aspirons à l’Immortalité, nous soyons soumis à la
Mort ? », se demandèrent les ignorants, par ignorance violente.
Cette question si
élémentairement logique, si rationnellement simple, fut le terreau
où se développa le Doute. Et le Doute conduisit à la Négation de l’existence
de Dieu. Et dans la chair de cette Négation couva le virus de la Guerre.
Si le Roi des rois
et Seigneur des seigneurs de l’Empire des étoiles n’était pas Dieu dans toute l’étendue
théologique et existentielle du terme, il devait sûrement exister un moyen de
le détruire. Il suffisait de trouver l’arme capable de le détruire.
VII
Cette Guerre universelle
eut lieu avant la création de notre Cosmos. Cette Guerre apocalyptique
trouvait son origine dans le Doute, et le Doute conduisit tout le monde à la Destruction. Ce fut
une guerre qui divisa tous les mondes et les opposa à mort. La
partie violente, celle qui niait l’existence de Dieu et considérait le
Roi des rois dès qu’ils auraient découvert l’arme définitive, cette partie choisit le
sort des ignorants, aima la folie des insensés et s’engagea dans une évolution
sur des voies tortueuses menant à la transformation de l’être en une nouvelle
espèce de créature infernale, accro au Pouvoir, éprise de Guerre, dont la
volonté faisait loi, dont la loi se situait au-delà du bien et du mal. Ils découvrirent la science
du bien et du mal et la poussèrent jusqu’à ses dernières conséquences. La voie que
choisirent les sages, la foi, l’amour de la vérité, même s’ils ne pouvaient
la comprendre, cette voie aima Dieu et refusa d’accepter l’argument de l’
athéisme matérialiste des violents. Ils s’accordaient à dire que l’argument
des ignorants ouvrait une brèche dans la Foi universelle quant à l’origine de l’Empire
des Mondes, car on ne pouvait certainement pas comprendre que la Mort ne plie pas
les genoux devant Dieu. Et pourtant, qui étaient-ils ? Exactement, qui
étaient-ils pour comprendre comment ce conflit entre la Vie et la Mort, dont
le désir de Dieu avait provoqué, affectait la structure de la
Réalité universelle ? Bien sûr que non, les sages, pacifiques par nature,
n’ont jamais accepté la validité de l’argument fondé sur l’athéisme scientifique des
violents. Que se cachait-il derrière ce déni irrationnel de l’
l’existence de Dieu, sinon une passion incontrôlable pour le pouvoir ? Là où voulaient
les entraîner les apôtres de l’athéisme, c’était vers une guerre universelle, dont ils espéraient, contre
toute sagesse, sortir vainqueurs pour imposer à tous
un statu quo démoniaque. Et il ne fallait plus en parler. Telle était la vérité
et, malgré toute la science dont faisaient preuve les Pères du
Doute pour tordre les arguments, telle était la lumière de la vérité qui brillait au fond de leurs systèmes de
pensée. Quelle différence y avait-il entre le Doute et la Folie ? L’Ignorance
de la nature du conflit cosmique que, dans son innocence, Dieu avait
provoqué : les Pères du Doute par la Méthode l’ont déguisé en science, puis
ont fait de la science une nouvelle religion, l’athéisme scientifique, et ensuite
ont déclaré la guerre à la Foi. Celle-ci, parce qu’elle connaissait Dieu, et bien que dans son
cœur elle ne pût comprendre la nature du conflit que Son désir avait
provoqué dans la Non-Création, savait que cette guerre serait le début de la fin
de toutes choses. Cet argument des sages, pacifiques parce que sages, ne leur
servit à rien face aux seigneurs de la Guerre.
Le doute était la vérité,
le Doute était en eux,
ils étaient la Vérité.
Avec une telle structure
logique, corrompant la logique jusqu’à la déformer et la transformer en une
irrationalité propre aux bêtes démoniaques, les méchants répondirent ainsi aux
bons.
VIII
Quand Lui, Dieu, découvrit
ce qui se passait, Ses yeux restèrent figés dans leurs orbites. Et ils
restèrent figés dans leurs orbites car Il ne comprenait pas et ne pouvait pas saisir ce
qui se passait.
Était-ce cela, la guerre ? Quelle
était son origine et quel était son but ? Que recherchaient les ennemis de Son Empire, et quelle
force mystérieuse habitait leurs cœurs rebelles et incorrigibles ?
Le pouvoir. L’exercice du
pouvoir s’était transformé en folie du pouvoir. Le pouvoir rendait fou celui qui
l’exerçait. Ah, la folie du pouvoir. Comment était-il possible qu’une créature née
pour n’être qu’un souffle de la matière osât élever la voix contre Dieu ? Cette
folie du pouvoir était-elle l’un des effets de la science du bien et du mal ?
IX
Au début, c’était comme un
feu qui se déclare : on l’éteint et on croit que le problème est réglé. Mais on
se retourne et on voit un autre incendie prendre de l’ampleur et dévorer une autre partie de son
monde. Tu cours, tu arrives, tu éteins celui-là aussi et, une fois de plus, tu crois que cela
ne se reproduira plus jamais, car tout le monde voit que le destin de quiconque
tombe dans les filets de la Science du bien et du mal est de retourner à la poussière
d’où il a été tiré. Il n’y a ni pitié, ni destin. Aucune larme ne suffit
à éteindre ce feu.
La violence de l’
opposition entre le Bien et le Mal croît selon la même progression géométrique que
les incendies qu’elle engendre autour d’elle. À peine en éteins-tu un qu’un autre, deux fois plus grand,
apparaît au loin. Tu les éteins, et la progression géométrique suit son cours. Deux autres
incendies surgissent au loin. Tu cours vers eux, tu les éteins et le double surgit plus loin
au loin. Quand tu t’en rends compte, la progression géométrique elle-même
t’a encerclé et tu te retrouves en Enfer. Ses flammes dévorent tout
ce que tu as bâti de tes mains. Tu t’opposes, tu résistes, tu déclares la
guerre finale à tes ennemis, car c’est toi l’ennemi, la cible que recherche
l’Enfer. Les mondes ne sont que des pions dans un jeu qui t’échappe mais qui
est aussi réel que la destruction massive des mondes qui furent un jour la
fierté de tes yeux. Que sont devenus ces mondes ? De la poussière errant
comme des nébuleuses sans but qui portent en leur sein tout ce qui reste de ce que
tu as aimé un jour.
Il en fut ainsi. Cet Empire des
Mondes qui avait pour fondateur et roi des rois le Dieu de l’Infini et de l’Éternité
périssa dans la guerre de sa propre apocalypse
X
La rapidité avec laquelle j’ai
parcouru le souvenir de la formation et de la destruction de cet Empire ne doit pas aveugler
l’intelligence au moment des calculs auxquels j’ai soumis les limites
de ma pensée. Ce qui a été ne peut être changé, seul ce qui sera a été
remis entre nos mains, et s’il est déjà difficile d’orienter le cours de ce qui est
vers ce qui sera, comment oser pénétrer dans des choses qui existaient avant la
naissance de la première galaxie qui remplit notre Cosmos !
Le fait est que, avec le
goût en bouche de celui qui a mangé une friandise et dont le
gâteau lui a explosé dans l’estomac, Dieu se retrouva seul sur les cendres de ce cimetière que la
Science du bien et du mal avait laissé sur son passage. Cet arbre de la Science du
bien et du mal offrit son fruit à Dieu et Dieu ne le cueillit pas. Il n’a pas tendu la
main. La Mort l’a tenté, mais il ne s’est pas laissé tromper. Pour rien au monde Il
n’était disposé à devenir un Dieu parmi les dieux, tous hors-la-loi, tous
à l’abri du bras de la justice. Plutôt la destruction que de voir son Empire
transformé en Royaume des Enfers.
CHAPITRE
DEUXIÈME
LA
SAGESSE ET LA SCIENCE DE LA CRÉATION
XI
C’est dans ces cendres, en
effet, que fut ensevelie l’Enfance de Dieu. Mais celui qui était sorti de son
propre chef des flammes de la destruction de son Empire était désormais un guerrier
qui avait remporté sa première bataille et qui, en chemin, avait découvert la science
de la Création. Alors que ses ennemis cherchaient l’arme ultime qui le détruirait,
Dieu découvrit les secrets de la matière, de l’espace et du temps, et en ouvrant
cette porte, il fit la rencontre de la Sagesse.
XII
Il l’a aimée dès le premier
jour. Et Elle ne s’est pas refusée à Lui, ne Lui a pas tourné le dos, la Sagesse
ne s’est pas enfuie loin de son Seigneur. Il était pour Elle, depuis le Début sans début de la
Non-création, la cause métaphysique de son existence, la raison pour laquelle Elle, la
fille de l’Infini et de l’Éternité, faisait tout. Il était pour Elle, depuis le
Début sans commencement de la Non-Création, le Dieu qui lui en demandait toujours plus,
qui la mettait sans cesse au défi par sa joie et son envie de vivre. Il était pour
Elle, depuis le Début sans commencement de la Non-Création, sa source d’
inspiration. C’était dans Son cœur qu’Elle, la fille de l’Infini et de l’Éternité,
regardait pour y voir les milliers de reflets de l’Avenir. Son désir était sa muse, Sa
capacité à rêver était pour Elle un atelier de projets. Quand Il fit irruption
dans la structure de la Réalité en Lui présentant Son Désir, Elle
sut qu’à partir de ce moment-là, plus rien ne serait ni ne pourrait être pareil. Avant même qu’
Il n’aperçoive la première flamme, Elle avait déjà vu l’Enfer ; avant même qu’Il ne sente
la première odeur de brûlé, Elle avait déjà vu le cimetière sur lequel son
guerrier indestructible marcherait pieds nus. La fin de Son rêve étant inévitable, Elle
fit parler la gorge des sages pour adresser à Dieu des paroles de Science.
Car le jour où Il marcherait sur les cendres de son rêve, ce
jour-là, Elle lui aurait déjà livré tous les secrets de la Science de la
Création. Elle allait lui enseigner comment on crée une galaxie. Elle allait lui enseigner
comment créer un essaim d’étoiles, comment les articuler en réseaux moléculaires,
comment recouvrir des régions entières de mers gravitationnelles flottant entre les galaxies,
des chaînes de montagnes dont les sommets sont des rivières d’astres qui coulent à travers les gorges des
abîmes sidéraux et vont se jeter sur les côtes des constellations. Elle
allait lui apprendre à cultiver l’arbre des espèces. Elle allait lui transmettre son
Pouvoir, elle allait lui offrir son être.
XIII
Et c’est ainsi que le Guerrier
fit place au Sage.
L’Infini et l’Éternité
transformèrent son corps, l’univers, en un laboratoire d’apprentissage pour
Dieu, et Lui donnèrent pour Maîtresse sa fille, la Sagesse. Elle guida Sa
pensée à travers les atomes, dirigea Son bras jusqu’au cœur des
étoiles. Elle Lui apprit à capter un faisceau de rayons cosmiques, Elle Lui révéla quelles
sont les lois qui régissent leur mouvement dans un champ d’énergie ; Elle Lui apprit à
manipuler ce champ d’énergie créatrice en fonction des effets recherchés. Elle
Lui montra quelle est la série de lois générales et particulières qui régissent la relation
entre la matière et l’énergie. Il lui a révélé l’origine des supernovas, les
causes pour lesquelles les galaxies s’attirent, se repoussent, s’unissent, se divisent, se
transforment mais ne se détruisent jamais. Dieu a couru à la rencontre de la lumière et a vaincu le rayon
cosmique en plein vol intergalactique. Dieu accéléra le pouls des astres jusqu’à la
limite de leurs révolutions pour voir ce qui se passerait s’il doublait la
densité de leur champ gravitationnel. Dieu s’immergea dans le microcosme et, sur
un sillage d’argent, suivit le saut de l’énergie d’une dimension à l’autre.
Plus il en apprenait sur
les forces qui animent l’univers et ses lois, plus Dieu prenait plaisir à grandir
en intelligence. Son intelligence ne connaissait pas de limites, il en voulait toujours plus, et
aucun problème ne lui échappait. Il lui suffisait de concentrer son regard pour que sa pensée
trouve la réponse. La Sagesse se contentait de lui présenter l’objet et
d’orienter sa pensée vers la bonne solution. Elle stimulait sa
connaissance et l’introduisait de science en science jusqu’à la limite que seul
Dieu pouvait atteindre, la connaissance de toutes les sciences, l’Omniscience
Créatrice.
Puis la Sagesse lui
ouvrit, à son Seigneur, la porte du thème de la création de la vie.
Quelles conditions systémologiques faut-il créer pour obtenir telle
ou telle espèce ? Quels sont les processus de sélection naturelle à suivre
pour que la force vitale oriente ses pas dans une direction précise et non dans
une autre ?
C’est d’Elle que Dieu apprit
tous les secrets de la création et de la culture de l’Arbre de vie. Sous sa
direction, Dieu créa des mondes en suivant la méthode de l’expérimentation. Et lorsque
sa maîtrise de toutes les lois et forces de l’univers fit de lui ce qu’il était,
le Seigneur !, il franchit le pas vers la frontière invincible : la création de
la vie à son image et à sa ressemblance.
XIV
Mais au cours de la période de
formation de son Intelligence créatrice, une idée particulière fit son chemin dans l’esprit de Dieu.
Tandis qu’Il était occupé à maîtriser la Science de la
Création, ce n’était qu’une pensée sporadique qui Lui traversa l’esprit, qu’
Il écarta sans y prêter davantage d’attention.
L’idée qui s’est insinuée en
son être est la suivante :
Était-Il le seul membre
de Sa Famille ? Je veux dire, comment pouvait-Il savoir qu’ailleurs, de l’autre
côté de l’Orto où réside l’Infini, il n’y avait pas Quelqu’un comme Lui, un Être de Sa
Nature incréée qui, à ce même instant, pouvait même passer par
là où Il était passé ?
Telle était la pensée
qui lui venait, et, à maintes reprises, Il la repoussait. Malgré le fait qu’Il
lui tournât constamment le dos, à mesure que le Seigneur naissait en son Être, la question
gagnait du terrain. Il était vrai que Dieu n’avait pas rencontré son Égal et
qu’Il était le seul Membre de sa Famille. S’Il appelait quelqu’un « Père »,
c’était l’Infini ; s’Il pouvait appeler quelqu’un « Mère », c’était l’Éternité ; s’Il considérait
quelqu’un comme son Épouse, c’était la Sagesse.
Cela lui épargnait-il la
vérité de n’avoir jamais été de l’autre côté de l’Aube de la Non-Création ? Et s’il
n’y avait jamais été, comment pouvait-il affirmer que cette pensée qui s’était
insinuée dans son esprit n’était pas l’appel de cet Égal ?
Il n’y avait qu’un seul moyen de
le savoir. Se lancer à la conquête des espaces infinis.
Que Dieu était en Lui,
car Il était Dieu, cela était déjà clair. Mais était-Il le seul Dieu vivant ?
XV
Sans plus y réfléchir, Dieu
laissa tout derrière lui. Là, à cet instant, Il mit un terme à son apprentissage de la
maîtrise de la Science de la Création. Et Il se lança dans l’aventure, à la recherche
de la réponse à la question qui s’était installée dans sa poitrine et refusait d’être
jetée à la poubelle de recyclage.
Était-Il le seul membre
de sa famille ? Était-Il le seul Dieu que l’Éternité et l’Infini connaissaient ?
XVI
Dans quelle mesure l’
expérience peut-elle permettre à l’intelligence de comprendre l’histoire que Dieu
a vécue en brisant les frontières de l’Aube de la Non-Création ? Quel type de
compréhension devons-nous posséder pour nous faire une idée des sentiments d’un
Dieu Vivant parcourant les plaines d’un espace qui lui était inconnu, à la
recherche de cet autre Être de sa même nature incréée et éternelle ? De quel type de
mathématiques du temps devons-nous disposer pour calculer les millions de millénaires
que dura cette aventure ? Quelle structure littéraire doit s’incarner entre les
mains d’un historien de toutes les belles choses, pour que de ses doigts jaillissent
des fleuves de légendes et de visions de paysages au-delà de l’imaginaire de cent mille
univers réunis au cœur d’une perle ? Comment dirons-nous que Dieu a vécu ceci ou
celui-là ? Comment l’imagination du poète des choses joyeuses
osera-t-elle composer une ode à la conquête des horizons que l’on ne voit pas, mais qui
résonnent aux oreilles de leur conquérant comme des arpèges de blues magiques
chassant les tristesses ? Pouvons-nous dire à l’aurore : « Deviens femme et embrasse-moi. » Avons-nous
jamais dit à l’étoile du matin : « Viens m’enlacer » ? Quelles émotions
vivra l’âme qui jouit de l’amour de la Lune et qui, sur ses ailes, navigue à travers des rêves de
cristal liquide à la recherche des rivages du bonheur parfait ? Comment pourrons-nous
pénétrer l’esprit d’un Être qui se déplace à la vitesse de sa pensée et
dont le cœur est fort comme un soleil ?
XVII
Sans peur, indestructible
par nature, la connaissance de soi forgée dans une bataille qui lui a infligé
à l’âme des blessures profondes et déchirantes, le Guerrier s’est réveillé de son
repos dans la tente de la Sagesse, il lui a fait ses adieux par un baiser de joie
et reçut d’Elle cet adieu : « Toi-Dieu, celui que tu cherches, mon Bien-Aimé,
est en toi ». À nouveau fort, plus fort que jamais, guéri de ses blessures par le
baume des amours pures, le Guerrier devait découvrir la réponse par lui-même,
et c’est ainsi qu’il gravit les chaînes de montagnes du Temps, et depuis les confins de
son univers, il aperçut enfin les terres où réside l’Infini. Souriant, avec
le vent de l’Éternité dans sa chevelure, ses muscles fermes, ses jambes
solides comme des colonnes, ses yeux brillants d’émotion et à nouveau émerveillé
par la beauté qui s’ouvrait à ses pieds, celui qui était Dieu, guerrier
indestructible, aventurier épris de l’existence, le protégé de l’
Éternité et de l’Infini, s’élança alors sur les ailes des vents éternels
à la conquête des horizons vierges.
XVIII
Combien de temps dura
cette aventure ? L’éternité est-elle une mesure mathématique qui trouve sa place dans nos
manuels de physique ? Osons-nous esquisser la plus humble des aventures
qu’a vécues ce guerrier indestructible sur la toile de nos visions les plus
futuristes ?
Finalement, après une
éternité, Dieu découvrit que le monde de l’autre côté de l’Orto, où réside l’
Infini, se résumait à une ligne en forme de grande montagne, du sommet de laquelle
il pouvait contempler de ses yeux tout-puissants la vérité qu’il recherchait : Il
était le Dieu Unique que l’Éternité et l’Infini avaient connu et considéré comme
Seigneur depuis le Début sans commencement de la Non-Création.
Mais dans cette vérité qui peut
vous sembler familière, dans cette déclaration formelle, résonnait un regret.
Car à mesure que l’Immensité de son Monde se
révélait de plus en plus à Dieu, à mesure que la
définition de son Être et celles de l’Infini et de l’Éternité se fondaient
en une seule chose, devenant une réalité indivisible, inséparable, indestructible,
à mesure que sa Nature se révélait à lui dans toute son immensité surnaturelle,
non créée et éternelle, dans la même mesure grandissait en Lui ce désir de savoir s’il existait, de l’autre
côté de l’horizon inconnu, Son Égal, Son Frère, Son Ami ; dans la même
mesure où grandissait chez le Sage la connaissance de sa propre nature
non créée et éternelle, dans la même mesure grandissait dans Sa poitrine cette petite lumière
cachée qui, au commencement, battait au rythme d’une toute petite idée.
Et ainsi, à l’heure où le
Seul Dieu Vivant se trouva au sommet du Mont de l’Infini et de l’Éternité,
ce désir de connaissance s’était transformé en un désir de plus en plus
fort de le trouver et de l’étreindre, de le regarder en face et de lui dire : « Enfin,
depuis combien de temps je te cherche, mon Égal, mon Frère, mon Ami ».
XIX
Celui qui se retrouva
debout au sommet du Mont de l’Infini et de l’Éternité, où il trouva la
Sagesse qui l’attendait pour lui dire « Bonjour » avec les mêmes mots qu’elle lui avait dits
« Au revoir », ce Guerrier, ce Sage, ce Dieu Unique, membre de sa Maison et de sa Famille, s’aperçut
que cette petite lumière battait désormais dans sa poitrine avec la force d’un soleil qui
ne cessait de grandir. Qu’aurait-il pas donné à cet instant pour avoir trouvé son
égal, cette personne avec laquelle rire d’égal à égal et se lancer ensemble dans l’
aventure de la Vie à travers les plaines qui s’étendaient au pied de la Montagne
sur laquelle il se trouvait !
Mais non, Dieu était seul.
Il était le seul membre de sa Famille. Il n’aurait jamais cet Quelqu’un à qui
dire : « Guerrier, je te lance un défi ». Il ne jouirait jamais du plaisir d’être
traité d’égal à égal par cette autre personne divine qui aurait besoin de Lui autant qu’
Il avait besoin d’elle. Mais assez. N’était-Il pas Dieu, après tout ? Pourquoi alors se
brisait-Il le cœur ? Il donnerait la vie à ce Frère, à cet Ami
né pour Le regarder en face, pour rire avec Lui comme rient les frères et
se parler comme se parlent les amis, en toute liberté, avec tendresse, en toute
indépendance d’esprit. N’était-Il pas le Seigneur ? Avait-Il oublié comment créer
un univers, comment cultiver l’Arbre de vie ? La Sagesse n’était-elle pas à ses
côtés, lui murmurant à l’oreille :
« Toi-Dieu est en toi. Mon bien-aimé,
celui que tu cherches est en toi. »
XX
Le Guerrier Divin sourit à nouveau ;
il revêtit le Manteau du Sage et, croyant comprendre le sens des
paroles de la Fille de l’Infini et de l’Éternité, il se dit : « Alors, mettons-nous
au travail ». Aussitôt, Dieu transforma la Montagne de l’Infini et de l’Éternité
en une colline de terre magique s’élevant à la vitesse du regard de son
Créateur jusqu’aux frontières que l’on n’atteint jamais. Comme s’il s’agissait d’un continent
grandissant depuis son centre, et ce centre d’une Montagne qui s’élève en hauteur à la
vitesse à laquelle sa surface s’étend dans la plaine, émerveillant ceux qui la regardent
car, où que l’on se trouve, on aperçoit son Sommet depuis tous les
confins, Dieu appela cette Montagne née pour être le centre de sa Création
universelle : «Sion». Et ce continent doté de sa
nature, comme si l’Infini et l’Éternité renaissaient de la Montagne
de Dieu, et s’étaient élancés jusqu’à atteindre les limites naturelles de
leurs corps, ce Continent au cœur du Cosmos, il l’appela « le Ciel ». Il
donna à la Sagesse sa terre pour royaume, afin qu’elle prenne racine dans le Ciel et qu’elle
donne de ses entrailles au Frère, à l’Ami vers lequel son Cœur soupirait.
CHAPITRE
TROISIÈME
L'
ORIGINE DES DIEUX
XXI
Voici l’origine des
dieux du Ciel. Ils sont nés au pied de la Montagne de Dieu.
C’est Lui qui leur a donné leurs noms et
c’est Lui qui leur a révélé le Sien. Son nom était Yahvé, Il était Dieu et eux étaient ses
frères. Ils étaient les frères de Yahvé, le premier-né des dieux.
Nés immortels et indestructibles, Yavé Dieu vécut avec ses Frères une époque
merveilleuse. Son cœur se rassasia de la compagnie de ses Égaux. Son âme
savoura sa victoire avec l’intensité du guerrier qui danse la danse des
héros après la défaite de l’ennemi. Son ennemi était sa Solitude ; ils étaient
sa victoire vivante sur l’enfer qu’un jour il verrait avancer depuis cette
solitude qui s’incrustait dans son cœur. Dieu dansa avec ses frères au
rythme de la joie, tel David dans les rues de Jérusalem le lendemain de la
défaite de Goliath. Pour ses frères, Yavé Dieu construisit une ville au
sommet de sa montagne. Il l’entoura de remparts, chacun constitué d’un bloc entier, chaque
bloc d’une couleur, chaque couleur celle d’une pierre précieuse. Comme s’ils
avaient une vie propre, ou une étoile en leur sein dont la lumière pulsait
vers des frontières sans fin, de ces remparts jaillissent des soleils qui
colorent le Ciel et le transforment en Paradis des Merveilles. À l’intérieur de
ces remparts divins, il construisit pour Lui-même et ses Frères une Cité, et il
l’appela Jérusalem. Eux, les Frères de Yahvé Dieu, étaient les dieux de Sion, ceux qui vivent dans la Cité de Yahvé, la Jérusalem
Éternelle, entre les remparts indestructibles de laquelle réside Yahvé Dieu, le
Premier-né des dieux.
XXII
Depuis leurs remparts, les
Frères de Dieu virent grandir l’explosion de vie qui ne s’arrête jamais ni ne
s’interrompt et qui pare le Paradis de Dieu de forêts enchantées, de chaînes de montagnes hautes
comme l’Himalaya, peuplées d’aigles géants aux os de glace métallique, légers
comme des plumes et solides comme l’acier.
L’imagination divine débordante
qui sommeillait depuis si longtemps dans le cœur du Guerrier s’éveilla
sublime, et, faisant appel à la Sagesse, elle partit avec Elle peindre sur la toile
céleste des paysages dépassant l’imagination de nos génies les plus éminents. L’
inspiration du Créateur, exaltée par la pression du bonheur qu’Il
éprouvait, Dieu conçut dans son esprit une Nouvelle Création. Il prit les dieux
et les guida de l’autre côté de l’horizon du Ciel, au-delà
des frontières en constante expansion du Paradis. Tel celui qui invite à prendre
place et à s’asseoir pour contempler un spectacle merveilleux, Dieu ouvrit la
Création du Nouveau Cosmos.
XXIII
Voici le commencement de la
Création du champ des galaxies qui entourent l’Univers des Cieux, la
Région Locale, dont le Cœur est le Ciel, Monde né pour abriter sur sa terre
l’Arbre de Vie, et autour duquel les Cieux de la Région Locale
étendent l’océan de leurs continents d’étoiles.
Prêt à procéder à la
Création du Nouveau Cosmos, le Bras Créateur Divin fit jaillir des fleuves d’énergie,
qui, s’étendant à travers les régions extérieures de l’Univers des Cieux des
cieux, transformèrent l’Espace en un spectacle de feux d’artifice où
chaque explosion marquait la fin d’une galaxie.
La Nuit fut suivie du
Jour ; l’aube fut une nouvelle explosion de feux d’artifice à la pleine lumière de l’
aurore de la Nouvelle Ère qui venait de s’ouvrir ; et chaque explosion marqua le
Début d’une Nouvelle Galaxie.
Telle est l’Origine du Nouveau
Cosmos. Dieu transforma toute la matière non créée qui entourait son Monde en
énergie ; aussitôt, il transforma toute cette énergie en Nouvelle Matière. Telle est l’
origine des Galaxies qui existent actuellement et entourent la Région Locale.
Dieu a donc créé le Cosmos
pour qu’il continue à croître éternellement. Cette croissance est comparable à une
onde qui, en se propageant à travers l’Éternité, sans perdre son énergie d’origine,
double son rayon au carré de la vitesse de la lumière qu’elle irradie vers l’
Infini.
Ce fleuve d’énergie
cosmique se jette dans le champ d’espace-temps qui entoure la Création tout entière ;
champ créateur dans lequel, dès qu’elle y pénètre, l’énergie produite par le champ des
galaxies commence son voyage vers les étoiles. Telle est l’origine des
étoiles.
Lorsque les étoiles
naissent, le rayon et l’océan par lesquels l’énergie navigue du
microcosme vers le macrocosme étant invisibles, les étoiles annoncent leur naissance par une
explosion de lumière.
Or, comme la naissance des
étoiles se produit par essaims, on parle d’un Big Bang ; mais il serait plus
correct de parler de l’allumage et de l’extinction d’une ampoule : il n’y a pas de
destruction, mais de la création. Et plus qu’une explosion, il s’agit d’une implosion.
Une erreur encore plus grande consiste à
concentrer la création de la matière en un seul instant dans le temps et l’espace.
Il n’y a pas eu un Big Bang ; il y en a eu plusieurs ; et il y en aura toujours, car le processus de
transformation de l’énergie cosmique en matière astrophysique est constant, autonome,
et s’étend jusqu’à l’infini pour l’éternité, trouvant toujours en Dieu la
source qui alimente l’océan de l’espace-temps à l’origine de la
création du nouveau cosmos.
XXIV
Mais à la fin de ce
Principe de la Création de toutes choses, ce mouvement fut sur le point de
périr et d’être détruit à jamais.
Lorsque Dieu le Créateur, Seigneur
de la Matière, de l’Espace et du Temps, eut achevé de mettre en mouvement ce
processus de création des galaxies, heureux de la joie de l’artiste, du génie
conscient d’avoir émerveillé son public, et fou de joie à l’idée de dire à
ses Frères :
« Venez, suivons
la trace d’un rayon de lumière jusqu’aux confins de notre univers ; accompagnez-moi,
suivons la trace de l’aigle d’Andromède à travers les montagnes d’Orion »,
alors que son cœur battait déjà d’un bonheur parfait, le Jour de l’Origine de
toutes choses prit un tournant et se transforma en le jour le plus difficile de Son
existence.
Qu’a-t-il trouvé comme
réponse à Son invitation sur les lèvres des dieux, ses Frères ?
Sur les lèvres des
dieux pesait, lourde comme une dalle, la vérité qu’ils venaient de découvrir :
« Yahvé Dieu, le seul et
vrai Dieu vivant ».
Ils étaient ses frères
car, dans son besoin de cet Égal, Yahvé Dieu s’était tant
dévoué pour vaincre la solitude qui, un jour, l’avait enveloppé de son enfer, qu’en franchissant la
dernière frontière, la création de la vie à son image et à sa ressemblance, il crut trouver
la victoire finale qui lui avait été refusée.
XXV
Il les traita comme des frères,
de véritables dieux ; il les adopta comme frères avec la sincérité et le
dévouement de celui qui donne tout, qui oublie tous les mauvais moments et se plonge
dans les bons à venir, sans aucune crainte d’être à nouveau rattrapé par les
tempêtes qui déversèrent sur sa solitude leurs éclairs et leurs tonnerres. Mais maintenant qu’
ils avaient découvert en Yahvé le seul vrai Dieu vivant : comment auraient-ils pu
se tromper en se croyant ce qu’ils n’avaient jamais été ?
Ils étaient des créatures. Rien
que cela, des créatures.
Ils étaient des créatures, tout comme
ces galaxies qu’Il était en train de créer ; tout comme le Ciel même qui les avait engendrés, tout comme
l’Univers qui venait de naître.
Comment pourraient-ils à nouveau
le regarder avec les yeux de celui qui se croit son égal, un autre membre de sa famille ? Comment
empêcher leurs genoux de fléchir et d’adorer leur Seigneur et Créateur ? Ne
savaient-ils pas que dès que Yahvé Dieu poserait les yeux sur eux, son âme se briserait
en voyant dans leurs yeux l’échec du Guerrier qui cherchait en eux le
frère qu’il n’avait jamais eu et qu’il n’aurait jamais ? Comment pourraient-ils suivre le seul
vrai Dieu vivant à travers les espaces cosmiques dont ils ne comprenaient pas l’immensité et
dont seules les forces pouvaient être appréciées par Celui qui était né parmi
elles ?
L’Origine des dieux,
leur origine, l’origine des Frères de Yahvé, était celle-là, et désormais ils le
savaient. Leur origine fut le besoin qu’Il eut, Lui, le Dieu non créé, de vaincre la
solitude qui s’était emparée du Sage Tout-Puissant qu’ils venaient de voir à
l’œuvre. Ils avaient été sa victoire ; et désormais, ils étaient son échec. Comment relever la
tête et oser ouvrir la bouche ? Que lui diraient-ils : « Nous sommes désolés, Seigneur
et notre Créateur, mais nous te comprenons » ?
XXVI
Et il en fut ainsi. Lorsque Yahvé
Dieu, le Premier-né des dieux, ouvrit la Création des galaxies et tourna
son visage vers Ses Frères, lorsqu’Il s’apprêta à ouvrir la bouche pour les inviter à
naviguer à travers le Cosmos, Il trouva Ses Frères à genoux, n’osant pas
Le regarder dans les yeux et souffrant déjà de ce qu’ils savaient devoir arriver. Et ils le savaient
parce qu’ils Le connaissaient si bien, qu’ils L’aimaient tant qu’ils savaient qu’Il réagirait
comme Il allait réagir, comme Il a réagi, comme Il était en train de réagir. « Yahvé, Dieu,
Seigneur et seul vrai Dieu ! », telle fut la déclaration qui jaillit de ses lèvres. Dans
ces quatre mots se trouvait tout le mystère de son passé, de sa
vie, de son présent, de son avenir : Seigneur, seul vrai Dieu vivant.
XXVII
Yahvé Dieu regarda au
fond de l’âme de ses Frères et vit dans leurs esprits comme toi et moi voyons à travers le
verre. Dieu ne dit rien. Il ne laissa transparaître aucune émotion. L’illusion
brisée du génie qui achève son œuvre et attend les acclamations joyeuses de son
public inconditionnel et dévoué se transforma en la tristesse de celui qui découvre
dans la salle un silence absolu. Ne sachant comment réagir, si ce n’est simplement
se retourner et disparaître de la scène sans laisser de trace de son existence,
Yahvé Dieu se perdit dans les lointains, de l’autre côté du Cosmos nouvellement créé. Et
à mesure que s’éloignait de la scène de sa Création cette solitude
éternelle et infinie qui était la sienne, contre laquelle il avait élevé tout ce spectacle
merveilleux, elle commença à grandir en son Être comme une étoile semée dans son âme
par l’Enfer lui-même. Plus le feu de sa Solitude Éternelle le brûlait, plus vite
Yahvé Dieu s’éloignait de tout ce qu’il aimait. Plus il courait vite pour fuir son
destin, plus cette étoile des abîmes brûlait en Son Être. Plus Son échec Le brûlait,
plus la rage, la colère, l’impuissance et la
frustration s’emparaient de Son être. Plus ces émotions incontrôlables grandissaient en Lui, plus Son Grand Esprit
accélérait sa course au-delà des espaces infinis.
XXVIII
Et tandis qu’il naviguait sans
contrôle, fuyant son propre destin, la tempête se déchaîna dans son cœur. L’
Éternité, l’Infini, la Sagesse, pourquoi l’avaient-ils laissé en arriver là ?
Pourquoi, le jour où il fit son premier rêve, ne le lui avaient-ils pas effacé de la
tête ? Quel péché avait-il commis pour avoir été chassé de son paradis
incréé vers l’enfer d’une création qui était pour lui une prison ? Qui ou quoi l’
avait condamné à cette perpétuité ? Quoi ou qui avait signé sa condamnation à la
solitude éternelle ? Quel était son crime ? Le jour où il rêva de l’immortalité pour
toutes les créatures, pourquoi ne lui arrachèrent-ils pas cette pensée de son esprit ? Son
délit était-il si grave pour qu’il fût chassé de son paradis et
condamné de cette manière ? À quoi lui servait-il d’avoir découvert le Créateur en Son
Être si cette découverte lui avait valu cette sentence ? Toute sa victoire
s’était-elle réduite à une illusion ? À quoi lui servait-il d’être celui qu’il était s’il n’avait
personne avec qui jouir de son Être, et qu’il n’en aurait jamais ? Avec qui allait-il rire
lorsque son cœur déborderait de joie ? Avec qui allait-il naviguer à travers les
galaxies à l’aventure de la découverte de nouvelles frontières ? À qui
parlerait-Il d’égal à égal si même les dieux s’agenouillaient en silence, incapables de
Lui adresser la parole d’égal à égal ? Une angoisse si
dévastatrice et mortelle s’empara de Son Être que Yahvé Dieu crut devenir fou de douleur.
XXIX
Désespéré, fou de
douleur, il laissa libre cours à sa tragédie, et de Son Bras tout-puissant et
omnipotent, des obus d’énergie destructrice se répandirent dans l’espace,
réduisant en décombres toute matière qu’ils rencontraient sur leur passage.
« Une prison ? Non,
un cimetière », cria Yahvé Dieu à l’Éternité et à l’Infini lorsque l’
explosion de sa douleur devint incontrôlable.
« Vous ne voulez pas de ma mort ? Je
vous creuserai moi-même ma tombe. »
Fou de douleur, se sentant
vaincu et anéanti, incapable de triompher de Sa Solitude, de ce même Bras
d’où venaient de jaillir des champs d’énergie transformant l’univers
ancien en de Nouveaux Cieux pleins de couleurs et de sons, comme celui qui transforme
par sa magie le désert en un verger paradisiaque regorgeant d’oiseaux exotiques et de
toutes sortes de créatures fantastiques ; de ce même Bras magique jaillirent, en
cette heure terrible, des rayons d’énergie destructrice qui s’emparèrent de la lumière elle-même
et la tordirent jusqu’à la détruire sous le poids de leur vitesse infinie.
Le Guerrier et le Sage,
comme possédés par la douleur insupportable de la défaite, s’étaient voués à
détruire l’indestructible, à se détruire eux-mêmes, et dans leur destruction à enterrer
avec Lui l’Infini et l’Éternité, un cimetière digne d’un Dieu, une tombe
à sa mesure.
XXX
Comment comprendre cette
heure de catharsis libératrice que Dieu a vécue en criant ? Comment oser imaginer
la nature des champs d’énergie d’antimatière que, dans Sa douleur, Dieu a répandus
à travers les espaces ultra-cosmiques ? Comment décrire que, dans Sa douleur inimaginable,
le souvenir de l’amour si grand que Ses Frères Lui avaient inspiré a triomphé
de Son supplice et que les rayons de Son désespoir n’ont pas atteint le Monde qu’
Il avait construit uniquement pour eux et à leur intention ? Avec quels chiffres et quelles
unités de mesure calculerons-nous la durée et l’intensité de cette Heure de catharsis
libératrice ? Combien de kilos d’énergie destructrice Dieu pouvait-Il générer avant de
s’effondrer, comme mort, aux pieds de la fille de l’Infini et de l’Éternité ?
Comme un mort, sans envie de
respirer, sans force pour ouvrir les yeux, sans désir de se réveiller à nouveau.
Combien de matière faudrait-il
brûler et réduire aux ténèbres avant que la fatigue n’atteigne Son Bras et que
Son Être ne s’effondre, épuisé, sur le cimetière qu’Il avait érigé autour de Lui ?
Quelle hauteur devait atteindre la fosse entre les murs ténébreux de laquelle serait enterré
un Dieu ? Quel poids donnerons-nous à la dalle destinée à la fosse d’un Dieu ? Combien de temps
Yahvé, Dieu, a-t-il creusé pour lui-même sa tombe ? Quand, à quel moment toute
sa douleur s’est-elle transformée en ténèbres flottant dans les espaces ultra-cosmiques, et
Dieu est-il tombé comme mort, sans forces, vaincu par la catharsis libérée ?
XXXI
En effet, Dieu, ce
merveilleux Premier-né des dieux, ce guerrier et roi d’un empire qui
comportait en son temps d’innombrables mondes, ce sage qui se délectait à découvrir tous
les secrets de la Science de la Création, cet aventurier naviguant à travers la
terre de l’autre côté de l’Orto de l’Infini, ce Dieu de l’Éternité faisant la
course avec les créatures du paradis de la Non-Création, cet Être gisait comme
mort aux pieds de sa Bien-Aimée, la Sagesse, son Épouse.
Elle serait la première chose
qu’Il verrait en ouvrant les yeux.
XXXII
Combien de temps est-il resté
comme mort, Celui qui, dans son innocence, était plus aimé que cent mille univers ?
Comment dirons-nous : « Il gisait comme mort depuis si longtemps » ?
Dieu n’avait plus la force
de continuer à vivre, et ne voulait pas se relever ! Qu’est-ce qui l’attendait, la solitude
éternelle ? Mais enfin, il ouvrit les yeux. Son regard flottait sur l’horizon, sa
pensée errait sans but. C’est alors qu’il La trouva là.
Dieu ouvrit les yeux et La
trouva là, la fille de l’Infini et de l’Éternité, à ses côtés, lui murmurant
à l’oreille ses paroles d’amour : « Tu es, mon Bien-Aimé, le Vrai Dieu. « TOI, Dieu,
notre Fils, tu es en Toi ».
Alors, de ces lèvres
divines jaillirent ces paroles de vie : « Dieu véritable né de Dieu véritable,
ENGENDRÉ, non créé, INCREÉ, de même nature que le Père… »
CHAPITRE
QUATRIÈME
CRÉATION
ET HISTOIRE DE L’EMPIRE DE DIEU
XXXIII
N’avez-vous jamais vu
le papillon blanc sautiller joyeusement de fleur en fleur, chantant gaiement à chaque
seconde de ses vingt-quatre heures d’existence ? N’avez-vous jamais été enchantés par le
chant de l’oiseau chanteur entre les barreaux de sa cage, en vous demandant ce que vous feriez
à sa place ? Vous êtes-vous déjà arrêtés pour compter les étoiles qui
tiennent dans un coin du port, quand le soleil répand des flèches dorées sur les
eaux de midi, capables de faire tomber amoureux la pierre dure que certains d’entre nous ont
pour cœur ?
Comme il est beau de revoir heureux
celui qui s’était perdu dans les déserts de sa solitude insupportable !
Pourquoi un homme devrait-il mesurer l’immensité des cieux à l’aune de
sa propre taille ? Combien d’années-lumière à la ronde couvre l’âme qui
sourit joyeusement parmi les oiseaux chanteurs et les papillons volant de galaxie en galaxie
sans craindre l’éternité et l’infini ?
C’est Lui, il revient, les
étoiles s’élèvent sur leurs colonnes, les galaxies applaudissent, les dieux
chantent la danse de la victoire à la lueur du bûcher où le Phénix
est renaît de ses cendres pour ne plus jamais être la proie de ses flammes.
Dieu n’a dit à ses
frères que ces mots :
« Voici Jésus, mon Fils
bien-aimé ».
Et dans ces cinq mots
se trouvait tout le mystère de l’avenir de la Création tout entière. Les dieux
se sont agenouillés et ont vécu le bonheur de Dieu le Père avec la même intensité
qu’ils avaient vécue la tragédie du Frère qui était parti. Il leur suffisait de voir Son Bonheur
pour savoir que Celui-là était leur Égal, TOI Dieu, le Compagnon que Dieu avait cherché en
eux et qu’Il n’avait pas pu trouver.
XXXIV
Puis, une fois passée cette
période de bonheur, au cœur de la Victoire de Dieu le Père, l’Esprit du
Créateur s’éveilla en Lui, Dieu. Dieu le Père prit son Fils unique, Jésus,
laissa son Monde entre les mains de ses Frères, les dieux, et, transformant le Cosmos
en un champ de matière première, créa l’Océan des Cieux. Dans cet océan d’
étoiles, l’Esprit Créateur sema la graine de l’Arbre de Vie. Et quelque part
dans cet univers naquit un monde, avec son royaume, le premier des
peuples qui devaient habiter pour toujours dans le Paradis que Dieu avait créé pour son
Fils.
Dieu cultiva la
civilisation de ce monde dès ce Premier Jour de la Première Semaine de la Création,
lui donna pour système social une constitution monarchique, et engendra chez son roi un
frère pour son Fils. Puis il prit le Royaume du Premier Jour de la Première Semaine de
la Création et le conduisit à sa Demeure dans le Paradis de Dieu.
Lorsque ce Premier
Royaume arriva au Paradis, son peuple découvrit que le Ciel est un miroir qui
reflète toutes les étapes de l’évolution de la vie, depuis les premiers stades
de la préhistoire jusqu’à l’aube de l’Histoire.
Les dieux l’appelèrent alors le
Pays des Merveilles.
Et ainsi, à cinq
reprises, cet Événement se produisit. Cinq fois, le Créateur sema la graine
de la Vie dans l’Univers des Cieux. Cinq mondes naquirent parmi les
étoiles de l’Univers, chaque monde avec sa civilisation, chaque peuple avec ses caractéristiques
ontologiques propres, chacun formant un royaume doté de sa propre constitution sociale,
avec son roi à sa tête. À la fin du cinquième jour de la première semaine de la
Création, le Paradis de Dieu s’était transformé en un Empire. Dieu
trônait au sommet du pouvoir en tant que Juge universel suprême, et à sa droite
se tenait le Roi des rois et Seigneur des seigneurs de son Empire, son Fils aîné, Jésus,
Dieu unique-engendré.
Au cours de ces cinq
jours de la première semaine de la Création, Yahvé
Dieu confia le gouvernement de son Empire à ses frères et à ses fils. L’histoire de cet Empire est
consignée dans le Livre qui traite des origines et de l’histoire du Ciel. Le jour
où viendra notre tour de monter dans le Monde d’où Jésus-Christ est descendu,
nous aurons l’occasion d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur la création des
cinq mondes qui formaient l’Empire du Paradis avant la création de
notre monde, le sixième dans l’ordre chronologique. Noms, lignes évolutives, constitution
astronomique, constitution sociale, etc. Toutes ces choses sont consignées dans
les livres qui traitent des Chroniques de l’Empire de Dieu.
XXXV
Il arriva donc qu’au quatrième
jour de la première semaine de la Création, l’un de ces Princes de l’Empire
de Dieu découvrit une graine.
C’était la graine de l’arbre
de la connaissance du bien et du mal.
Sa première manifestation
fut le Doute. Sa conséquence finale, son fruit, fut la Guerre, fruit que très vite
tous les royaumes de l’Empire auraient l’occasion de goûter.
Que Jésus, le Roi des rois
et Seigneur des seigneurs, était Dieu Fils unique, tous les citoyens de l’
Empire de Dieu le savaient.
Y croire ou ne pas y croire était
une autre question. Mais question ou pas, le Doute était quelque chose qu’aucun enfant de
Dieu n’avait jamais songé à se poser.
Le fait est que Dieu et son
Fils allaient et venaient de l’Empire vers l’Univers et de l’Univers vers l’Empire, et entre
l’aller et le retour s’écoulaient des millions d’années. En ce quatrième jour de la première
Semaine de la Création, l’un des Princes vit dans le doute quant à la véracité de
la filiation unique de Jésus, le Roi des rois et le Seigneur des
seigneurs, la porte permettant de reconfigurer la structure de l’Empire des
Cieux selon sa pensée. Pourquoi ne pourrait-il pas, lui, Satan, fils de Dieu, recevoir la régence de l’
Empire pendant les Périodes Créatrices ?
C’était là une idée
que personne n’avait jamais songé à formuler, ne serait-ce que brièvement. Et qui,
curieusement, trouva un terrain fertile. Et elle prit de l’ampleur. Ainsi,
surpris par la rébellion de ce fils de Dieu et de ses alliés, le Paradis se
transforma en enfer.
Les rebelles s’étant regroupés au sein de
ce qu’on appela l’Axe du Dragon, les armées du Dragon se lancèrent à la
conquête du Trône du Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Ce fut la première Guerre
mondiale du Ciel.
Satan à la tête de l’Axe
du Dragon, ses armées ravagèrent les frontières des royaumes voisins et
avancèrent vers Sion pour conquérir le Trône du Roi
des rois.
Stupéfaits, émerveillés par
ce qu’ils voyaient, incapables de réagir face à la surprise, les Frères
et les enfants de Dieu, qui refusaient d’accepter ne serait-ce que la possibilité d’une
telle reconfiguration ; depuis les remparts de la Cité de Dieu, les Princes
de la Maison de Yahvé et de Sion contemplèrent l’avancée des
forces du Dragon et la ruée des Peuples de l’Empire en direction de
la Jérusalem des dieux.
En effet, rien de ce que
les Frères et les enfants de Dieu leur avaient dit pour qu’ils déposent les armes n’était
entré dans la tête de Satan et des siens. Ainsi, une fois la première surprise passée,
la contre-attaque s’imposa.
Les dieux ouvrirent le
Sceau de leurs origines et les Princes se nourrirent de leurs forces. Les
Princes Gabriel, Michel et Raphaël se revêtirent de l’invincibilité des
dieux, anéantirent l’ennemi, le repoussèrent jusqu’à ses royaumes, l’assiégèrent dans
ses forteresses, le capturèrent et l’enfermèrent dans ses palais jusqu’à ce que le
Juge de la Création revienne et prononce son jugement.
Il arriva alors que, lorsque
le Père et le Fils revinrent des Cieux de la Création, amenant avec eux
un nouveau Royaume au Paradis, les fils de Dieu vinrent à leur rencontre, mais
Satan n’était pas parmi eux.
Un simple regard suffit à Dieu
pour en comprendre la raison. Mais souhaitant en rester à la leçon apprise
et ne voulant en aucun cas que son Fils découvre l’existence de la
Science du bien et du mal, il ordonna que tous ses fils se présentent devant Lui
pour la célébration de la Fête de Bienvenue du Royaume du Quatrième Jour de la
Première Semaine de la Création.
Et l’affaire en resta là.
Comme il allait de soi,
l’Empire se parut de ses plus beaux atours pour la Fête de Bienvenue. Le Royaume du Quatrième
Jour de la Première Semaine de la Création prit sa Demeure dans l’Empire du Fils
de Dieu ; son Roi fut présenté devant la Famille des dieux.
De la joie, donc.
Le souvenir du Dragon
allumant la guerre de son souffle devint le souvenir d’un
cauchemar qui s’était envolé et ne reviendrait jamais.
La joie du pardon.
Ainsi s’est levé l’aube du
cinquième jour de la première semaine de la Création. Une fois encore, Dieu et son Fils ont confié
la régence de leur Empire aux membres de la Maison « de Yahvé et de Sion».
Et au fil des milliers d’
années, l’incroyable se reproduisit.
Tel un mulet qui n’apprend
jamais sa leçon, Satan se remit à agir dans l’ombre. Il trouva des alliés et ils
se liguèrent pour réveiller le Dragon.
La décision prise, le
plan de conquête de l’Empire sur la table, la nouvelle guerre, la Seconde Guerre
mondiale du Ciel, éclata.
Une fois encore, les dieux et les
princes du Ciel furent pris au dépourvu.
Mon Dieu, comment expliquer
que cette nouvelle rébellion leur ait explosé au visage ! Même s’ils gagnaient, et
ils n’avaient aucun doute quant à la victoire, l’incapacité de la Maison de Dieu
à maintenir la paix serait désormais démontrée à jamais.
La réflexion s’imposa.
Que se passait-il ?
Comment était-il possible que
de simples créatures d’argile osent remettre en cause la Vérité du Fils
Unique de Dieu ?
Ou osaient-elles simplement
rêver de contraindre Dieu à se plier à leur volonté et à donner son feu vert à la
transformation de l’Empire en un Olympe de dieux soumis à une loi d’
immunité face aux lois du Ciel ?
XXXVI
Et c’est ainsi que la Seconde
Guerre mondiale du Ciel prit fin. Le Dragon fut neutralisé,
enchaîné et mis sous bonne garde jusqu’au retour du Juge de l’Empire.
Mais ce fut une
victoire amère. Une victoire qui n’eut pas le goût du triomphe pour les vainqueurs. Ils
avaient failli pour la deuxième fois à celui qui, pendant Son absence, leur avait confié la
régence universelle. Que se passerait-il à Son retour ? Comment expliquer ce qu’ils
ne pouvaient eux-mêmes pas comprendre ?
Finalement, Dieu et son Fils
revinrent de l’Océan des étoiles. Ils apportaient avec eux un nouveau Royaume, comme
toujours avec son Prince à sa tête.
Avec cette joie du
Père qui vient de donner naissance à un nouveau fils, du Fils qui salue la naissance
d’un petit frère, le Père et le Fils sont rentrés à la Maison.
Ici, la même chose se produisit à nouveau.
L’espace d’un instant, le Fils découvrit dans le ton de son Père, alors qu’il donnait l’ordre
à tous ses enfants de se présenter devant Lui, quelque chose… quelque chose de mystérieux. Mais cela
ne alla pas plus loin.
Et une fois encore, Dieu a
pardonné aux rebelles.
Cependant, Il savait qu’
il était urgent de prendre des mesures révolutionnaires. Il ne pouvait pas permettre qu’une
Troisième Guerre mondiale éclate pendant son absence du Ciel.
Soit il reconfigurait la
structure de son Empire, soit, tôt ou tard, sa Création deviendrait
un Olympe de dieux jouant à la guerre avec la responsabilité de ceux qui jouissent d’une
immunité totale et absolue face aux lois.
Il ne pouvait pas permettre que
cela se produise. Il s’est donc mis en quête de la réponse que les faits exigeaient de lui.
Et c’est ce qu’il fit.
Dieu trouva la
réponse.
Les événements lui
imposaient d’ouvrir sa Création à tous ses enfants. Ainsi, la prochaine fois que l’
Esprit du Créateur déploierait ses ailes sur l’Univers, tous ses enfants l’
accompagneraient.
À partir du sixième jour,
la Création serait transformée en un spectacle ouvert à tous les mondes.
Et qui plus est, tous ses enfants participeraient au processus de formation des
Nouveaux Mondes.
Ce fut la première mesure
visant à fermer la voie par laquelle, au fil du temps, le Paradis de
Dieu devenait pour ses créatures une prison. Merveilleuse et tout ce que
vous voudrez, mais une prison.
Quant à la raison pour laquelle les
peuples de sa Création ne parvenaient pas à concevoir leur existence comme un arbre
dont ils étaient les branches, Dieu conçut la création d’un nouveau peuple,
formé de tous ses enfants, et dans lequel, grâce à la fusion de toutes ses civilisations
en une seule et nouvelle, une fois son entrée au Paradis accomplie, ce
Nouveau Peuple ferait office de mortier nécessaire pour que les briques
s’assemblent et forment un édifice compact, solide et indestructible.
La projection des cinq
civilisations des royaumes existants sur la vie humaine opérerait, par leur
fusion, la naissance de cette nouvelle civilisation qui, en se répandant à travers le
Paradis, les unirait tous dans l’âme de cette Nouvelle Civilisation dans laquelle
se reflétaient et vivaient toutes celles qui existaient. Créé non pas pour le Pouvoir
mais pour être le corps de l’esprit de la Sagesse dans sa Création, le Peuple
humain réaliserait la Fusion sans laquelle le Doute, mère de la
Guerre, avait été possible.
Quant au
doute quant à savoir si le Roi des rois et Seigneur des seigneurs de l’Empire des Cieux était Dieu
Fils unique, ils allaient le voir de leurs propres yeux.
Ainsi, à la naissance du sixième
jour de la première semaine de la Création, Dieu prit tous ses enfants et les
conduisit au lieu d’Origine, l’Univers.
Dieu créa les cieux et
créa la Terre.
Il créa la Terre au-delà des
frontières des galaxies.
Et il l’a créée là-bas afin que
ses enfants puissent voir ce qui se trouvait au-delà du Cosmos, l’Abîme recouvert par
ces Ténèbres auxquelles le Seul Vrai Dieu a réduit le Cosmos non créé
à cette Heure qui a précédé la Naissance du Père et du Fils.
En même temps, il levait le
mystère sur ce qui se trouve au-delà des frontières du champ des galaxies. Par ce
geste, Dieu disait à ses enfants ce qui arriverait à quiconque
oserait déterrer à nouveau la hache de guerre. La peine infligée au Rebelle
serait l’exil dans les Ténèbres, d’où il ne reviendrait jamais, et
où, pour l’éternité, il y aurait un craquement d’os et un claquement de dents.
Puis, une fois le
décor mis en place, tous les spectateurs prirent place. Dieu regarda son Fils,
celui-ci s’avança, et, ouvrant la bouche, dit :
« Que la lumière soit ».
ET
LA LUMIÈRE S'EST FAITE HOMME…
POUR
TOUT CEUX QUI VEULENT VIVRE
DEUXIÈME LIVRE. LE CŒUR
DE MARIE
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RAÚL PALMA GALLARDO
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